<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet type='text/xsl' href='http://eric-edouard1968.spaces.live.com/mmm2008-05-17_13.22/rsspretty.aspx?rssquery=en-US;http%3a%2f%2feric-edouard1968.spaces.live.com%2fcategory%2fL'enfant%2bet%2bla%2brivi%c3%a8re%2ffeed.rss' version='1.0'?><rss version="2.0" xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" xmlns:msn="http://schemas.microsoft.com/msn/spaces/2005/rss" xmlns:live="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" xmlns:dcterms="http://purl.org/dc/terms/" xmlns:cf="http://www.microsoft.com/schemas/rss/core/2005" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>LES LAURIERS BLANCS: L'enfant et la rivière</title><description /><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogview&amp;_c=BlogPart&amp;partqs=catL'enfant%2bet%2bla%2brivi%25C3%25A8re</link><language>en-US</language><pubDate>Thu, 03 Jul 2008 19:16:56 GMT</pubDate><lastBuildDate>Thu, 03 Jul 2008 19:16:56 GMT</lastBuildDate><generator>Microsoft Spaces v1.1</generator><docs>http://www.rssboard.org/rss-specification</docs><ttl>60</ttl><cf:parentRSS>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/feed.rss</cf:parentRSS><live:type>blogcategory</live:type><live:identity><live:id>-4861864217337021992</live:id><live:alias>eric-edouard1968</live:alias></live:identity><cf:listinfo><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="typelabel" label="Type" /><cf:group ns="http://schemas.microsoft.com/live/spaces/2006/rss" element="tag" label="Tag" /><cf:group element="category" label="Category" /><cf:sort element="pubDate" label="Date" data-type="date" default="true" /><cf:sort element="title" label="Title" data-type="string" /><cf:sort ns="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/" element="comments" label="Comments" data-type="number" /></cf:listinfo><item><title>L'enfant et la rivière    Henri Bosco    Fin</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2367.entry</link><description>&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                           Une nuit je fis un rêve. Voici comment cela m'arriva.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                           J'étais dans mon premier sommeil. Sans doute ne veillais-je plus, mais je n edormais pas encore, du moins réellement. Je le sais bien, car on avait laissé mes volets entrouverts et, par la fente, je voyais scintiller deux petites étoiles. Il me sembla que ces volets peu à peu s'ouvraient davantage et qu'à mesure un ciel plus vaste et un plus grand nombre d'étoiles envahissaient ma chambre. Cet envahissement devint bientôt si vaste que les murs de la chambre s'effacèrent et que j'eus le plein ciel autour de moi. Peu à peu se forma un paysage étrange, diamanté d'astres et cristallin. C'était le fond d'une rivière nocturne et lumineuse, mystérieusement éclairée  en dessous par des feux invisibles. Leur pâle lumière inondait un monde mouvant et secret de plantes  et de bêtes aquatiques, et j'y voyais respirer lentement les racines des îles, dont les arbres énormes plongent, bien plus loin qu'on ne pense, sous le règne des eaux. Des monstres surgissaient aux écailles phosphorescentes, du fond de retraites cachées, et quelques-uns portaient un signal de feu vert et or, au sommet de leurs crânes épineux. Ils erraient, l'air féroce, avec aisance, à travers les algues  géantes et les prés fleuris de myriophylles. Parfois, un courant entraînait des créatures inimaginables, corps laiteux, aux formes changeantes, d'où émanait une clarté diffuse qui disparaissait rapidement. On voyait se mouvoir avec lenteur sur leurs cinq branches bleues, des étoiles vivantes, cependant que nageaient les conques transparentes de coquillages inconnus à travers des forêts de coraux fragiles...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                    Ce monde, que le songe dévoilait en moi, inquiétait mon sommeil et , dans mon impuissance, j'aspirais à sortir de ces lieux irréels où partout m'épiaient des monstres attentifs et malveillants. Mon désir dut être bien fort (ou je reçus du ciel quelque secours) car peu à peu ces formes illusoires s'éffacèrent de mon rêve et, à leur inhumaine et cruelle beauté, se substitua doucement une aube  familière, un ciel matinal, et la vue du printemps sur la campagne où coulait paresseusement mon amie la rivière. Et là j'errais joyeux, dans des sites connus : l'île des roseaux, la falaise, le rivage où filtrait la source, le bois de chênes. Là, tout me ravissait, les oiseaux, les fleurs, la vie libre, et particulièrement une petite anse rocheuse où, souvent (je m'en souvenais) au temps des eaux dormantes, je m'étais attardé, pour admirer la limpidité de ces eaux.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                    C'était un lieu privilégié. La nature des roches cristallines y avait composé des fonds purs où les ondes calmes se purifiaient.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Leur transparence était si délicate que la lumière y circulait aussi facilement que dans l'air, et les fonds riaient de soleil. On voyait sur le sable fauve de petits graviers de porphyre bleu et de marbre rose, striés. Sous le roc, entre les galets, quelquefois une bulle d'air venait éclore, indice d'une veine d'eau qui alimentait, en secret, la conque limpide. C'était l'apport des pluies et des neiges tombées pendant l'hiver dans les collines. Sans doute donnait-il à ce peu de rivière, en ce lieu abrité, cette pureté insolite et l'odeur des eaux vives.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Aussi les bêtes aquatiques y hantaient familièrement, et je m'imaginais qu'elles y trouvaient un refuge, quelque chose comme un jardin liquide réservé à leurs jeux et à leurs loisirs. On ne pouvait s'y dévorer, du moins me semblait-il...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Sous une renoncule d'eau vivait une tribu de chevrettes translucides. Timide et active à la fois, elle disparaissait au moindre mouvement.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Quelquefois une truitelle tentée par la fraîcheur des eaux faisait halte dan sla conque, et des ablettes argentées s'y attardaient, en promenade, toutes frétillantes de plaisir. Moins souvent l'épinoche mouchetée y montrait sa brillante armure. Si une tanche irisée d'or, égarée de ses lieux de chasse, pénétrait dans cette onde claire, elle furetait, indécise, et bientôt s'échappait pour des terrains plus riches, hors de ce petit monde minéral. Plus familière de ces eaux, une rainette, amie des fonds purs, s'enfaonçait, les quatre pattes écartées, et tombait jusqu'au sable fin; puis elle remontait, merveilleusement verte. Elle posait au ras de l'eau sa gorge délicate et ses yeux d'or, que semblait fasciner mon visage immobile, de bonheur s'immobilisaient...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Cette double immobilité, que je retrouvais dans mon rêve, le dissipa. Je m'endormis vraiment.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     C'est plus tard que quelqu'un gratta à la fenêtre, et je m'éveillai.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Je n'eus pas peur, mais tout de suite mon coeur battit.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     &amp;quot; C'est lui, me dis-je. Il est revenu.&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Je sautai de mon lit et courus à la fenêtre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Je demandai :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - C'est toi, Gatzo ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Une voix murmura mon nom, elle était un peu rauque, mais je la reconnus.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - J'ai beaucoup à te raconter, me dit Gatzo.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Dans sa chambre, Tante Martine soupira.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Attends, dis-je à Gatzo. Il vaut mieux aller jusqu'au puits.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Je passai dehors.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     On alla au puits. Il y faisait bon.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     La lune se levait paisiblement au bout de la prairie tiède et odorante.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Alors Gatzocommença à parler.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Il me raconta toute son histoire.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Je l'écoutai, ému. Tout à coup il se tut.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Et puis ?  lui demandai-je.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Il me répondit simplement :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Grand-Père Savinien est mort.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Je lui pris la main.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     A ce moment Tante Martine ouvrit doucement ses volets. Nous vit-elle ?...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Elle m'appela :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Pascalet, mon petit, avec qui parles-tu ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Je me levai machinalement et entraînai Gatzo vers la maison.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Tiens, s'écria Tante Martine, il y a quelqu'un avec toi ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - C'est mon ami Gatzo, lui dis-je. Elle respira bruyamment :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Oh !  il sent le sauvage.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     J'eus le courage d'ajouter :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Il est seul au monde, Tante Martine.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Elle grommela quelque chose.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Puis elle dit :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - Il faut qu'il entre; et demain on le brossera de la tête aux pieds.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Gatzo entra.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Tante Martine alluma sa chandelle.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     - C'est, dit-elle, en voyant Gatzo, un solide garçon. Il a l'air franc. Nous en parlerons à ton père.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Ce qu'elle dit, nul ne le sait. Mon père s'attendrit. Dieu fit le reste.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     C'est ainsi que Gatzo devint mon frère. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;                                     Quand à son histoire, peut-être, un jour, vous la raconterai-je...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#00b050" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re++++Henri+Bosco++++Fin&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2367.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2367.entry</guid><pubDate>Mon, 23 Jul 2007 22:17:55 GMT</pubDate><slash:comments>1</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!2367/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2367.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-23T22:17:55Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière   Henri Bosco   Partie 24</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2357.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;                                               &lt;font color="#008000" size=4&gt;Mes parents rentrèrent une semaine plus tard. Comme vous le pensez bien, Tante Martine garda le silence sur le fait de mon escapade. Mais elle se plaignit tout de même beaucoup, pour se conformer aux usages familiaux. Ils voulaient qu'elle fût à plaindre, particulièrement quand mes parents lui confiaient, en leur absence, le gouvernement de la maison. On le savait. Cela ne tirait pas à conséquence. Et elle le savait aussi; mais il fallait que les rites sacrés de la plainte et du reproche fussent accomplis scrupuleusement.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Parmi les causes de désordre, j'eus ma part.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     - ll a souffert tout le temps d'insomnies, affirma Tante Martine. Il lit trop. Cà l'énerve, ce petit.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     - Il lit trop, en effet, approuva, crédule, mon père.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Et se tournant vers moi :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     - Pascalet, il faut t'amuser. A ton âge, on s'amuse.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     On me tata le pouls. Il était agité. Et om me fit tirer la langue. Elle était blanche.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Ma mère s'inquièta.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     - Un peu d'embarras, dit mon père. Evidemment !  il est toujours assis !...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     On m'enleva mes livres, et on me donna du séné. Je le pris à contrecoeur, mais il fallait bien en passer par là. Somme toute, ce n'était pas payer trop cher.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Tante Martine, pour me consoler, m'apporta des gâteaux au miel, qu'elle avait fait cuire en cachette.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Toutefois, l'administration de cette médecine purgative, bien loin de me ragaillardir, engendra dans les régions vives de mon être, une langueur inexplicable. Car chacun voulut l'expliquer à sa façon. Pour mon père, c'était le foie. Pour ma mère, la rate; et pour Tante Martine, le poumon. &amp;quot;Il respire mal, disait-elle. Ecoutez-le bien. Pascalet n'est plus qu'un soupir.&amp;quot; Il est vrai que je soupirais beaucoup, peut-être de langueur, peut-être d'autre chose, mais pas plus que les miens, je ne savais de quoi, tant ce malaise restait vague.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Il s'accrut cependant, mais  sans se préciser.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     On me rendit mes livres. &amp;quot; Ap&lt;/font&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;rès tout, grommela mon père, s'il en a besoin, qu'il les lise ! &amp;quot;  Mais je ne les lus pas. Ils m'ennuyaient.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Bargabot ne revenait plus à la maison. Qu'était-il devenu ? Personne n'en parlait jamais. Son absence passait inaperçue. Pourtant c'était surtout dans les mois de chaleur qu'il nous apportait du poisson, une fois par semaine. Maintenant plus de Bargabot, et on ne s'en inquiétait pas.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Moi, j'y pensais, et d'y penser m'empêchait souvent de dormir, me rendait triste.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Cette tristesse s'accrut en septembre. Le raisin ne m'égaya pas. On vendangea ferme pourtant et les grappes bouillaient dans les cuves énormes, comme jamais, à ma mémoire, elles n'avaient bouilli chez mes parents.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      L'année semblait courir vers de hautes fortunes, car octobre à peine pluvieux. La rivière ne gronda pas, et ses eaux, restées raisonnables, n'envahirent pas notre terre, qui fut labourée, très paisiblement.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Mais tous ces bonheurs qui frappaient l'esprit de ma famille n'allégeaient pas mon âme.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Et j'étais si mélancolique que, même les froids de Noël, ces froids si francs, si vifs, qui d'ordinaire vous ragaillardissent, ne me touchèrent pas. Je passai un hiver long, pénible, morose.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Souvent je pensais à Gatzo. Où était-il ?  Parfois,à la tombée du jour, très haut dans les nuages, les canards passaient, volant en triangle, à travers une bourrasque. Et leurs cris sauvages me pénétraient.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Mes parents, me voyant si taciturne, devenaient, eux aussi, très taciturnes. Ils avaient essayé de tout, et rien ne m'avait réussi. Ils en restaient pensifs.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Le printemps revint : les vents tièdes, le premier vol de la bouscarle, et le merle siffleur. Je soupirais. Et je ne savais pas très bien si c'était d'aise ou de tristesse.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      - Il soupire, disait Tante Martine, mais c'est peut-être soupir de printemps. Moi aussi, je soupire. Et toute vieille que je suis, c'est encore soupir d'avril.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Pour mieux veiller sur moi elle avait obtenu qu'on installât ma chambre à côté de la sienne, en bas.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Quelquefois, si je remuais, derrière la cloison, sur ma douce paillasse de maïs, elle m'appelait par mon nom, pour voir si je veillais, ou si j'étais agité par une rêve. Elle avait le sommeil subtil, incroyablement. Aussi, pour nr pas l'éveiller, car elle était vieille et laborieuse, je m'efforçais, la nuit, quand je ne dormais pas, de rester immobile dans mon lit. Alors, comme un fil de vie, j'entendais passer sa respiration.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Elle dormait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     On entra dans le mois de juin. On passa de juin en juillet, et des fruits aux moissons, par des temps magnifiques. Matinées fraîches et nuits claires, léger soleil, beaux soirs. Et même en août, l'été chauffait, sans la brûler, la campagne où les sources vives ne tarirent pas un seul jour.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Et cependant je languissais. Un indéfinissable ennui alourdissait mon existence. Les journées me paraissaient longues. J'errais çà et là, désoeuvré, autour de l'aire, dans le verger et sous les vieux platanes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Parfois, lassé de la maison et de ses dépendances, j'allais m'asseoir dans le chemin, sur le bord du fossé. Et là, sans plaisir, j'attendais.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Sans plaisir et sans espérance. J'aurais voulu que quelqu'un vînt, n'importe qui : le facteur, une bête, un chien, peut-être l'âne...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                        &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re+++Henri+Bosco+++Partie+24&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2357.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2357.entry</guid><pubDate>Sat, 21 Jul 2007 22:07:52 GMT</pubDate><slash:comments>1</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!2357/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2357.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-21T22:07:52Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière   Henri Bosco    Partie 23</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2229.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;                                              &lt;font color="#008000" size=4&gt;Je ne sais trop comment j'atteignis le mouillage. Tant que je courus ou marchai, je n'éprouvai rien. Mais, arrivé au bord des eaux, une extraordinaire impression de silence et de solitude me saisit.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Rien ne remuait aux étangs, rien dans les airs. Les eaux semblaient de plomb. Une nappe d'humidité couvrait le paysage triste où scintillait, entre les lances des roseaux, une étoile solitaire. La lune s'en était allée visiter d'autres mondes. L'île formait, au milieu de ces eaux mélancoliques, comme une barque des ténèbres. Elle m'inspira une telle crainte que je n'osai rester sur ce rivage où le bateau était mouillé. Je le détachai et, pesant sur ma lourde perche, je me séparai de la terre ferme.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     &amp;quot; Il vaut mieux, me disais-je vaguement, puisque tout est fini, que la barque s'en aille à la dérive. &amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Mais la barque ne dériva qu'un peu de temps. Nul courant n'atteignait, cette nuit-là, la surface de ces eaux inanimées. La barque, en s'éloignant des rives, coula dans une sorte de torpeur magique où la faible impulsion qui la poussait encore s'affaiblit et expira.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je m'enveloppai d'une couverture et je me couchai au fond du bateau.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Dès lors, j'attendais mon destin. Je savais bien que c'était là ma dernière nuit de sommeil dans le monde des eaux dormantes. Aussi, je voulais la dormir comme j'avais dormi les autres, allongé sur le dos, dans le fond de ma barque, respirant à travers les planches l'odeur nocturne de l'eau douce, d'où je tirais, malgré la menace des songes, tant de paix, tant de repos.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Le soleil était déjà haut quad je m'éveillai. Avant même d'ouvrir les yeux, je compris que quelqu'un était avec moi dans la barque.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je sentais passer sur ma face une odeur de café fumant, de pain chaud et de pipe joyeuse.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Bargabot, dis-je, les eux toujours clos, à quelle heure on appareille ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Bargabot me dit :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Hé, bientôt !  On boit le café et on prend le large.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je me soulevai.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Sur la proue, Bargabot, sa longue pipe au bec, accroupi devant un fourneau ( qu'il avait déniché je ne sais où ), versait dans un grand bol de terre, avec précaution, du café brûlant.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Arrive, fiston !  cria-t-il. Cà réchauffe, et çà dégourdit quand on se réveille.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Et lui-même buvait d'un air content, et sur le pain il étendait ses rudes mains d'homme sauvage, habiles à la nourriture.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Le café me rendit quelque courage.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je demandai :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Tante Martine, Bargabot ?...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Elle t'attend, Tante Martine.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Elle a pleuré ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Elle a pleuré.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Cela me rassura beaucoup.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Ton père, ajouta-t-il, ne rentrera que vers la fin de la semaine.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    &amp;quot; Dieu soit loué ! &amp;quot; pensai-je.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Les choses avaient l'air de s'arranger.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je m'enhardis :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Tu as eu peur pour moi, Bargabot ? demandai-je.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Stupéfait, Bargabot me regarda :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Fichtre !  s'écria-t-il; mais il ne commenta pas son exclamation.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    A ses regards, à ses intonations, je sentais qu'il était, somme toute, assez content de moi.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Mais il anonça le départ, et alors seulement je m'aperçus que, pendant mon sommeil, on avait changé de mouillage.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Nous étions ancrés sur un autre point du bras mort, séparé seulement par une lagune assez plate, du lit courant de la rivière. Je la voyais, à travers les joncs, qui passait, toute claire, par grandes nappes rapides.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Contre le flanc robuste de la barque, flottait un petit bachot.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Presque rien. Six planches, pas de banc, mais deux rames immenses et, comble d'arrogance, un mât.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Embarque,me dit Bargabot. On laisse ici ta marouette ! Trop lourd pour remonter ce courant-là. Je viendrai la reprendre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je changeai de bord sans enthousiasme.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Passe à l'avant, me cria-t-il.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je dus m'asseoir à même le fond.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Bonne brise, remarqua-t-il avec satisfaction.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Et il hissa la toile. Elle était vieille, rapiécée; mais, gonflée de vent, tout à coup elle claqua. Alors la barque s'inclina vers l'eau qui affleura jusqu'au plat-bord, et nous appareillâmes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Bargabot, torse nu, avait saisi les rames et vigoureusement il tirait des deux bras. L'esquif filait, au ras de l'eau, si bien que le flot quelquefois venait mouiller mes coudes. Je craignai de le voir, sous le poids de la toile, chavirer en plein courant. Mais il tenait bon. Bargabot, insouciant, affrontait, rame au poing, vent dans le dos, les puissances de la rivière. Nous coupions les tourbillons noirs et, tanguant, roulant à plein bord, nous sautions par-dessus les eaux tumultueuses. Tout respirait la joie : Bargabot, les flots aérés, la brise qui soufflait à la bonne fortune, le ciel rayé d'oiseaux et le grand poudroiement des terres riveraines, qui fumaient, attiédies déjà par le soleil, en pleine matinée, entre les eaux et les collines d'un bleu vif. J'en oubliais un peu mes peines et, enivré par l'air violent qui volait comme un fol sur la rivière, je m'abandonnais au plaisir de boire le vent.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Vers midi, on aborda la rive gauche. On y prit un repas. Bargabot tira un canard. Il avait une immense canardière. C'était une arme vénérable fonctionnant avec un silex. Lorsque partait le coup, il laissait dans les airs une longue traînée d'étincelles rougeâtres et beaucoup de fumée, qui sentait bon le salpêtre et le feu.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    On passa la nuit à la belle étoile.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Le lendemain on navigua cmme la veille; mais plus près des bords, en eau calme.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Vers le soir, l'île fut en vue. Bargabot parlait peu. Il me dit cependant, en ontrant l'île :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - C'est nettoyé, petit. Ils ont eu peur. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Et il caressa gentiment sa canardière. Je crois bien qu'il était content de lui.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    - Il ne reste plus rien ? lui demandai-je.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Il hocha la tête, et se tut. J'eus l'impression qu'il cachait quelque chose. Mais je n'osai pas l'interroger.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    On dépassa l'île, on vira, et légèrement on toucha au rivage.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    On fut à la maison, comme la nuit tombait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Nous traversâmes le jardin. Sous la treille de la terrasse il y avait une lampe allumée. Elle éclairait la table. Le couvert était mis : sur la nappe toute blanche, trois assiettes, une cruche d'eau et deux carafes de vin clair. Le pain, avec son grand couteau, reposait sur une corbeille. Il était roux. Dans la cuisine, par la porte ouverte, on apercevait le foyer, sur lequel deux poêlons et deux grosses marmites mijotaient paisiblement .                                                                                                                        &lt;/font&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;Devant le feu on voyait Tante Martine. Assise dans un vieux fauteuil, en tablier blanc, la coiffe de piqué nouée sous le menton, les mains posées sur les genoux, immobile et grave, elle surveillait le repas du soir. Sa figure brune exprimait la confiance. Elle attendait l'enfant parti. Peur-être chaque soir avait-elle allumé ce feu, préparé ce repas, mis ce couvert, suspendu cette lampe sous la treille, sans se décourager.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Et maintenant que j'étais là, elle semblait, devant cette nourriture odorante, cuite pour moi avec amour, l'âme même de la maison paternelle. Certes, j'étais alors trop jeune pour comprendre ces choses graves, mais le sentiment  presque religieux qui émanait de cette vieille femme de mon sang, attentive et fidèle, me troublait le coeur.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Alors je ne pus m'empêcher d'éclater en sanglots. Elle m'entendit, et très doucement, elle m'appela :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     - Pascalet, viens ici, mon beau, que je t'embrasse.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     J'entrai, tout sanglotant, dans la cuisine.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Bargabot resta sur le seuil, son fusil à la main.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Je me laissai aller sur le coeur de Tante Martine. Elle me donnait  des noms doux : &amp;quot; Petoulet !  Vagant !  Courrentille ! &amp;quot; que sais-je encore ?  Et nous nous embrassions avec fureur, devant le feu et les marmites, d'où, pour me rassurer et m'attendrir davantage, s'exhalaient les vapeurs du repas qui cuisait, sans doute depuis le matin, couvert de thym, bourré d'épices. Et tout en pleurant, j'avais faim.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Nous mangeâmes au frais, bien tranquillement. Après quoi, j'allai me coucher, mais Tante Martine veilla.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Bargabot partit tard. Longtemps tous deux, ils chuchotèrent. Ils avaient éteint la lampe, et ils parlaient sur la terrasse.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     D'en haut, par la fenêtre ouverte, j'entendais leurs voix étouffées comme un murmure. Sans doute parlaient-ils de moi, et je m'assoupis en pensant que je pouvais dormir sans crainte puisqu'ils protégeaient mon sommeil.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt; &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re+++Henri+Bosco++++Partie+23&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2229.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2229.entry</guid><pubDate>Thu, 19 Jul 2007 22:47:39 GMT</pubDate><slash:comments>2</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!2229/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2229.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-19T22:47:39Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière   Henri Bosco   Partie 22</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2040.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;                                           &lt;font color="#008000" size=4&gt;En ce temps-là, dans nos villages, les gens avaient encore l'esprit simple et, quand ils prenaient du plaisir, ils le prenaient bien. Cette simplicité d'esprit leur permettait de comprendre tout de suite le sens profond des contes; et, s'ils étaient ravis de leur naïveté, c'est qu'elle s'accordait à leur propre sagesse. Réduite à quelques pensées claires, cette sagesse peut nous sembler courte; et cependant elle est le trésor épuré d'une antique expérience.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Ce vrai savoir, s'il vit réellement, n'est pas morose. Il appelle souvent et inspire la fantaisie des hommes. Alors il devient, comme dans ce conte, un divertissement, et ce qu'il enseigne est si beau que la sagesse nous enchante.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Visiblement, cette nuit-là, elle enchanta toutes les têtes du village. Durant toute la représentation, le maire resta bouche bée. Le curé, lui, bayait aux anges et, quand le Bon Dieu apparut, il se signa. Le notaire et le médecin se déclarèrent satisfaits. Le Navigateur, quatre fois, faillit se lever de colère pour aller étrangler la sorcière exécrable et les perfides Bohémiens. On eut quelque peine à le retenir. Les villageois par rangs entiers manifestèrent de puissantes émotions. Il y eut des ho! et des ha! qui grondèrent en sourdine et ils trahissaient la colère, l'indignation ou la pitié. Les enfants, eux, ne disaient rien, mais ils écarquillaient étrangement les yeux. Le drame les hypnotisait. Un magicien les avat pris dans son filet de charmes. Ils ne regardaient plus, car ils étaient passés de l'assistance sur la scène, où ils étaient non plus eux-mêmes, mais les êtres qu'ils y voyaient. On ne leur jouait plus la pièce, c'étaient eux qui, merveilleusement, se la jouaient entre eux. Alignés sur leurs bancs on les voyait parfois tous soupirer ensemble, et leurs petits visages passionnés, serrés l'un contre l'autre, s'immobilisaient dans l'extase.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                 L'un surtout, un visage de fillette. Il avait les pommettes roses, la bouche bien large et les yeux très verts. Les cheveux étaient roux et bien tirés. Il en sortait une petite couette qui se tenait raide sur la nuque. Evidemment c'était Hyacinthe. Rien qu'à l'air de ravissement et de terreur qui pétrifiait ce visage, on le devinait. Car aucun autre enfant n'était saisi, comme elle, par le jeu de la scène, où elle avait posé toute son âme.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                 Le rideau tombé, il se fit un grand silence. Puis la même voix chevrotante parla derrière le théatre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                 &amp;quot; Bonne gens, disait-elle, c'est fini. Maintenant, mon chien Piquedou, la sébile aux dents, va passer; et il fera la quête. Traitez-le amicalement. C'est mon seul compagnon de route. Car mes enfants ne sont plus de ce monde et, comme dans la fable, j'avais un petit-fils, mais les Bohémiens l'ont volé. Voilà cinquante ans que je fais danser les marionnettes dans vos campagnes. Après moi, plus personne ne viendra vous les montrer. C'est la dernière fois que vous les voyez, mes amis. Car je me fais très vieux et désormais je ne viendrai plus dans le village. Ce soir, j evous dis donc adieu. Et maintenan, donnez un petit sou pour le théatre, quand le chien passera...&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                 Alors le village pleura. Les femmes se mouchèrent, les hommes essuyèrent leurs yeux et le maire éternua. Puis les filles toutes ensemble élevèrent la voix et dirent :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                 &amp;quot; Grand-Père Savinien, montrez-vous encore une fois... &amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Leur voix était douce et chantait tellement, que l'on vit Grand-Père Savinien sortir de dessous le théatre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Le rideau bougea, la tête parut. Elle était longue et chauve; mais autour du crâne poli, une couronne de beaux cheveux blancs descendait, se mêlant à la barbe de fleuve du vieillard, qui coulait comme de la neige. Les yeux étaient clairs et candides, et quand le vieux se releva péniblement, trois cents visages s'attendrirent.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Il portait une vieille redingote et, autour du cou, un foulard. On le sentait très pauvre et très patient.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Si pauvre et si patient, qu'à le voir surgir de son trou, avec tant de simplicité et de courtoisie complaisante, saisi de respect, le village se tut. Pourtant il ne souriait pas, il ne cherchait pas à plaire; mais il portait, sans le savoir, naturellement, sur son vieux visage, un signe pur.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Quand il fut tout à fait debout, on entendit quelqu'un qui sanglotait en l'air, dans le feuillage. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Cela venait des branches basses de l'ormeau. Toutes les têtes se levèrent. Alors on découvrit Gatzo. Il pleurait, à cheval sur une branche. Il pleurait avec une sorte de fureur contre lui-même. Il avait honte de pleurer sur ces trois cents têtes sensées, ébahies de le voir là-haut ruisselant de larmes. Mais il pleurait, quoi qu'il en eût; et d'en bas, son grand-père Savinien, pétrifié par l'émotion, le regardait d'un air inexpressif, tant il lui paraissait inexplicable que l'enfant perdu lui tombât du ciel.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                - Descends, petit, criaient les femmes. On te donnera du vin cuit.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Le grand-père ne disait rien; l'émotion lui avait coupé la parole. Il regardait toujours son petit-fils, dont les jambes pendaient au milieu du feuillage. Et Gatzo, du haut de son arbre, le regardait aussi, tout en pleurant.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Au pied de l'arbre, les notables : le maire, le curé, le notaire, le médecin, formaient le cercle et ils souriaient à l'enfant pour l'encourager à descendre. Ce qu'il fit.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                - Doucement, lui disaient les grand-mères prudentes, ne te casse rien, petit fou.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Et les hommes hochant la tête félicitaient Grand-Père Savinien.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                - Regardez, disaient-ils, comme il s'y prend bien. L'écureuil n'est pas plus léger.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Lorsque, glissant le long du tronc, Gatzo tomba devant le maire, tout le monde fit : &amp;quot;Ouf !&amp;quot; de soulagement. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Or, ce maire était bon : il s'appelait Mathieu Varille. On n'a jamais vu pareil maire dans le pays. C'est pourquoi nul ne s'étonna quand, se retournant vers la foule, il lui annonça fraternellement :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                - C'est moi qui offre le vin cuit.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Un murmure de satisfaction s'éleva de ces trois cents âmes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                Et le maire continua :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                - En route, mes enfants !  Et par ordre de marche : les petits d'abord, puis les filles, et, après les filles, les femmes et, pour finir, tous les électeurs. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Le garde champêtre, éveillé, souleva son tambour et prit la tête.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Le maire se plaça derrière lui. A sa droite, il y avait Grand-Père Savinien. A sa gauche, Gatzo, tout à fait rasséréné. Et il les tenait, chacun par la main.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Suivaient, sur un seul rang, les cinq notables : le curé, le notaire, le médecin, le navigateur et le buraliste.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Les villageois venaient ensuite. En tête les petits. Dans la première file on voyait Hyacinthe, avec ses yeux bleus et sa couette. Elle regardait devant elle, d'un air sérieux.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Les vieux fermaient la marche.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Doucement le garde champêtre de ses vieilles mains battait du tambour.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Il battait, du bout des baguettes, un air de marche guilleret, en dépit de son grand âge. Et sur ce rythme sautillant, tout le monde, sans le savoir, se dandinait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Ainsi, je les vis tous passer, la face épanouie, et les filles, qui s'étaient prises par la taille, chantonnaient de plaisir, en se balançant.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               - Jamais, disaient les vieilles, on n'a vu, depuis cinquante ans, une fête pareille !&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Les vieux approuvaient de la tête.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Et les jeunes riaient sans savoir pourquoi.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Quand le dernier rang  fut passé, je vis le chien. Il suivait, la sébile entre les dents, avec son air de chien habitué à suivre. Il suivait, le museau ur les talons des vieux, en trottinant. Et, s'il était le dernier du cortège, il n'en semblait pas le moins satisfait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Il passa à son tour et je restai seul.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Personne ne m'avait remarqué, pas même Gatzo. Gatzo tenait avec respect la main solennelle du maire et il paraissait pénétré de cet honneur. M'avait-il aperçu ? Peut-être ne voyait-il rien, car il était, cette nuit-là, le roi du cortège. Mais moi, qui l'avais et qui l'aimais, j'en avais le coeur tout gonflé de peine, et les larmes me montaient aux yeux.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               De la fête, il ne restait plus que les bancs vides de l'école et le petit théatre en toile avec son âne peint sur le rideau.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Les lampions un à un s'éteignaient dans les branches de l'ormeau, et plus haut, dans le ciel laiteux, on devinait bien que la lune commençait à tomber vers les collines.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Je me sentais si seul, j'étais malheureux, que je ne savais plus que faire.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Derrière le théatre abandonné, on avait oublié d'éteindre une chandelle. Elle brûlait en tremblotant et la lueur de sa flamme invisible épandait au-dessus du léger toit une faible et mystérieuse couronne de lumière.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Elle me fascina bientôt, et j'allais m'avancer vers elle, lorsqu'un homme maigre surgit à côté du théatre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Il était plus haut que le toit de toile et, nonchalamment appuyé aux montants du petit édifice, il se mit à examiner très attentivement tous les coins de la place.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Il me vit. C'était Bargabot !&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Mais il ne broncha pas.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Alors je pris la fuite.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re+++Henri+Bosco+++Partie+22&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2040.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2040.entry</guid><pubDate>Tue, 17 Jul 2007 22:04:10 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!2040/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2040.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-17T22:04:10Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière   Henri Bosco     Partie 21</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2002.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;div&gt;                                                  &lt;font color="#008000" size=4&gt;On entendit d'abord, derrière le théatre, une voix qui chevrotait, mais elle était prenante et nourrie de sagesse. Tout de suite j'en fus touché au fond du coeur. Cette voix annonçait ce qui se préparait derrière le rideau; elle disait le nom des personnages et nous demandait de les croire, car ils allaient, pour nous, rire, pleurer, haïr, aimer, c'est-à-dire vivre et mourir comme des hommes...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                        Après cette courte harangue, le rideau se leva sur un jardin et son jardinier. Dans ce jardin poussaient des fruits énormes; et le jardinier en était très fier, si fier qu'il regardait avec mépris tous les autres jardiniers. Il avait une jeune femme et un fils beau comme le jour. On les voyait tous deux qui couraient sous les arbres pour attraper de grands papillons bleus. Le jardinier était fier de sa femme et de son fils presque autant que de ses melons et de ses prunes. C'est pourquoi il leur défendait de fréquenter les petits jardiniers du voisinage; et ils obéissaient.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                        Or, voilà qu'un beau jour passe un mendiant accablé par la faim et par la soif. Une pêche pendait sur le chemin, par-dessus la haie de l'enclos. Le mendiant la cueille et s'apprête à la manger. Soudain, l'orgueilleux jardinier apparaît, rouge de colère et, se jetant sur le mendiant, ce pauvre !  il lui fait lâcher le fruit d'un coup de bâton. Le fruit tombe sur le chemin et le mendiant s'en va, résigné, sans se plaindre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                        Or, sachez que c'était Saint Théotime qui voyageait, en ce temps-là, pour ses affaires, c'est-à-dire pour celles du Bon Dieu.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                        Et, le décor ayant changé, le Bon Dieu lui-même arrivait sur un nuage. Il manifestait aussitôt la plus vive irritation, et il parlait du jardinier en termes tels que toute l'assistance en frémissait de peur, particulièrement les filles. Après quoi, il s'en allait à son tour, grondant de menaces, et un roulement de tambour, derrière le théatre, imitait le tonnerre. Le Bon Dieu, irrité, allait venger son Saint.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       On revenait alors au jardin de la terre. L'enfant jouait. On le voyait courir sans méfiance; et cependant, juste sous le pêcher de Théotime, une vieille sorcière le guettait avec des yeux de braise. Elle avait ramassé le fruit sur le chemin.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Ah !  quel beau fruit !  Je le vois encore. L'ayant léché, la sorcière le pose, rose tendre, au pied de l'arbre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       L'enfant passe, le voit, le mange et tombe évanoui. La sorcière saute sur lui et l'emporte dans les airs.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Des années passent. On voit un camp de Bohémiens. C'est là que vit l'enfant. Il a beaucoup grandi, mais il a perdu toute sa mémoire. Car la sorcière avait empoisonné le fruit. En y mordant il y avait laissé tous ses souvenirs. Aussi n'a-t-il plus un bon sentiment. C'est maintenant le pire garnement de la tribu : il ment, il jure, il triche, il vole, comme l'on respire, et pour un rien, il met la main à son couteau. Tout le monde le craint.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Et ses parents ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Il les a oubliés depuis longtemps puisqu'il a perdu la mémoire. Mais eux se souviennent toujours. Et ils sont très malheureux. Les fruits ont beau pousser, aussi gros que jadis, à profusion, sur tous les arbres, le jardinier ne pense même plus à les cueillir. Il a vieilli. Songez qu'il pleure du soir au matin, en cachette de sa femme.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Son chagrin lui a fait des cheveux blancs; et il n'a plus, dans sa poitrine, une once d'orgueil.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Lui et sa femme espèrent toujours.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       &amp;quot; Le petit reviendra &amp;quot;, se disent-ils. Et ils l'attendent.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Aussi la porte est-elle ouverte, nuit et jour, pour qu'il puisse rentrer dans la maison, sans les appeler.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Mais voilà-t-il pas qu'une nuit les Bohémiens arrivent. Ils se cachent dans les bois.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                       Or, le soir même, un vieux mendiant est venu demander l'aumône. Il avait faim, il avait soif. Le jardinier s'est souvenu. Il lui a donné un panier de pêches. Le mendiant n'a pris qu'une pêche et a mordu dedans sans la manger. Puis il a dit au jardinier : &amp;quot; Garde-la bien soigneusement au chevet de ton lit, et prends patience. Un jour quelqu'un la mangera.&amp;quot;  Après quoi il disparut. C'était Saint Théotime. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Les bohémiens, cachés dans le bois ténébreux, ont vu  le jardin admirable. Et tous en choeur ils se sont dit : &amp;quot; Le jardinier est riche. On va le voler. &amp;quot;  Le sort a désigné l'enfant habile au vol.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      La lune s'en va, la nuit tombe, la chouette ulule, et l'enfant se faufile dans l'enclos. Il atteint la maison, trouve la porte et, à tâtons, il cherche la serrure. Mais ses mains ne rencontrent que le vide... Cette étrange maison, sans souci des voleurs, repose, en pleine nuit, la portegrande ouverte...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Le mauvais garnement hésite, tremble...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Il avance cependant, par amour-propre; mais il a chaud, sa gorge brûle, il meurt de soif. Soudain, il découvre une chambre. Un vieil homme y dort sur le dos. Une veilleuse éclaire sa figure. Et près de lui, à son chevet, sur une assiette peinte, il y a une pêche, juteuse à point, où deux dents, semble-t-il, ont à peine mordu.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      L'enfant voleur tend sa main vers le fruit et le porte à sa bouche. Quel goût !  Quelle douceur !  Mais ce n'est pas un fruit !  Cela vous emplit tout le corps, cela vous tire toute l'âme !  Où suis-je ?... Il crie !...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Le bon vieux s'éveille. Sa femme accourt...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Ah ! c'est leur fils. Il est là, il les voit, il les reconnaît, il sanglote.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Le Bon Dieu apparaît dans son nuage et hoche la tête de satisfaction.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                      Le rideau tombe.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;                                                 &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re+++Henri+Bosco+++++Partie+21&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2002.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2002.entry</guid><pubDate>Sun, 15 Jul 2007 22:28:37 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!2002/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!2002.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-15T22:28:37Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière     Henri Bosco      Vingtième partie</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1906.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;                                             &lt;font color="#008000" size=4&gt;J'entrai dans le village par le haut. Les ruelles étaient désertes, les maisons paraissaient inhabitées. Et cependant, elles sentaient encore le pain chaud et la soupe d'épeautre. Evidemment, les gens venaient à peine d'en partir. Et maintenant ni bruit, ni lampe...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Les chiens eux-mêmes, si hargneux sur les lisières des villages, s'en étaient allés avec leurs maîtres. Les poules dormaient. Pas un chat. Ils avaient émigré ailleurs.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Je suivis la ruelle en pente et, allant ainsi au hasard, de maison en maison, toujours dans le silence, soudain je débouchai sur une petite place.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Alors tout le mystère m'apparut.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Le village était là, le village en entier, hommes et bêtes. Et il semblait attendre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     ll semblait attendre avec confiance. C'était un village patient et de bonne foi. Cela sautait aux yeux, rien qu'à voir la tête des gens. Elles étaient sensées et pacifiques et il y en avait plusieurs rangs.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Le premier se tenait assis, gravement sur un banc de bois. Au milieu trônait le maire. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Le maire avait la face glabre et les cheveux raides et blancs. Il s'était endimanché. Un énorme faux col amidonné sortait de sa jaquette puce, et probablement le gênait beaucoup, car il n'osait pas tourner la tête. Aussi regardait-il droit devant lui avec une extrême patience, ce qui, en tant que maire, lui donnait une grande dignité.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Devant son immobilité, les autres, par repect, restaient immobiles. A sa droite, d'abord, le vieux curé. Par habitude, il croisait les mains sur son ventre, et sa grosse figure rouge avait pris pour la circonstance un air de bienveillance et de résignation.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    A côté de lui, le notaire, petit vieux, maigre comme un clou, à la bouche railleuse, se grattait le bout du nez. Il l'avait pointu.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Le médecin ventru, en veste d'alpaga, coiffé d'un canotier de paille, essuyait son binocle d'or avec un mouchoir à carreaux, pour mieux y voir. C'était, lui aussi, un homme d'âge, le visage barbu et couperosé.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Immédiatement à la gauche du maire, le garde champêtre sommeillait. Il semblait plus vieux que le monde, mais il portait barbiche militaire, et un galon d'argent entourait son képi.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Près de lui, un vieillard à la large carrure orgueilleusement se carrait. Sur sa poitrine il étalait en un vaste éventail sa barbe blanche. De temps à autre, il levait un grand nez charnu, pour humer l'air; et, dans son vieux visage boucané, ses yeux verts restaient immobiles.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    C'était l'ancien Navigateur, la gloire du village.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Sous son épaule, se cachait, boulot, moustachu et rageur, le petit buraliste. Sexagénaire et retraité, il était le seul de la file qui n'eût pas toujours de bons sentiments.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Tel était le banc des notables.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Derrière se groupaient les villageois.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    D'abord les femmes, sur trois rangs : à droite, toutes les grand-mères, et, au centre, toutes les femmes mariées. Les jeunes filles se serraient à gauche et ne cessaient pas de rire ou de chuchoter. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Derrière les femmes, les hommes. Debout sur quatre rangs. Il y en avait de longs et de larges, de moustachus et de rasés. Mais la même expression de calme et de puissante simplicité modelait leurs visages.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Tous regardaient dans la même direction.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Ils regardaient un orme colossal dont le feuillage, tel un dôme, s'étalait sur toute la place.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Aux branches les plus basses on avait suspendu une multitude de petits lampions et de grandes lanternes vénitiennes multicolores.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Sous l'ormeau se dressait un modeste théatre de toile. Et, de chaque côté de ce théatre, en avant des notables, bien en vue, on avait aligné les enfants, sur les bancs de l'école. Les garçons à droite, les filles à gauche. Et là, ils attendaient, aussi sagement que les grandes personnes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Pour lors le rideau du petit théatre était baissé. Mais on pouvait y admirer une peinture. Elle représentait un âne. Cet âne était assis dans un fauteuil. Il avait des lunettes et il tenait un livre. Devant lui, à genoux, un petit garçon écoutait. L'âne lui faisait la leçon. Par-dessus l'âne et l'enfant, souriait, avec indulgence et malice, un masque couronné de lierre, qui tenait les yeux baissés.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Derrière le théatre, il y avait l'église : un porche profond et plein d'ombre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Et, par-dessus l'église, l'ombre, le théatre, les villageois, les lanternes et l'orme immense, flottait le grand ciel de la lune d'avril, tout électrisé.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je ne sais ce qui se passa d'abord, réellement.Car j'étais trop ravi pour comprendre, et peut-être un spectacle aussi merveilleux n'avait-il été composé que pour charmer les yeux et les oreilles...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re+++++Henri+Bosco++++++Vingti%c3%a8me+partie&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1906.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1906.entry</guid><pubDate>Fri, 13 Jul 2007 22:29:19 GMT</pubDate><slash:comments>0</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!1906/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1906.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-13T22:29:19Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière        Henri Bosco    Dix-neuvième partie</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1896.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;                                               &lt;font color="#008000" size=4&gt;Pour toujours.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     J'en eus aussitôt le sentiment net; mais je ne voulais pas y croire. C'est pourquoi j'attendis.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     &amp;quot; Il va venir, me disais-je, sans grande confiance. Il a dû aller fureterprès d'un trou à lapin; j'ai eu tort de le laisser seul. Il s'est ennuyé.&amp;quot;  Mais comme il ne revenait pas, peu à peu je perdais ma foi en son retour. Pour me consoler je redoublais  d'espérance. Cela d'ailleurs ne me servait de rien, car je savais bien qu'il était parti...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Tout me disait que j'étais seul : les bêtes et leur cri, les eaux et leur silence... Tout. La petite grenouille triste qui coassait à la pointe d'une lagune dans sa touffe de cresson. Elle aussi était seule. Et la hulotte à grosse tête qui se cachait dans le feuillage d'un énorme peuplier sur l'autre rive. Elle se plaignait régulièrement à une hulotte plus proche qui habitait dans un cyprès juste au milieu de l'île. Cette habitante du cyprès répondait avec patience et beaucoup de mélancolie à sa douloureuse compagne; et la conversation lugubre des oiseaux traversait tristement les étangs solitaires. Si nul bruit, venu de leurs eaux, parfaitement paisibles, n'assombrissait mon coeur, c'est que les étangs me parlaient par leur silence. Ils se taisaient : ainsi je comprenais ma solitude.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Peut-être avais-je peur, mais je pense que le chagrin d'avoir été abandonné étouffait en moi cette peur. Il ne m'en restait que des craintes. Je n'appréhendais que des périls vagues : les bruits, une ombre, un rien qui souffle...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     Au moment où la lune se leva, ma tristesse devint plus grande. A sa clarté, quand je vis l'étendue déserte des étangs, je découvris l'immensité de ma solitude. J'étais si seul qu'en moi doucement j'appelais Gatzo; mais pas un son ne sortit de ma bouche, tant je craignais, dans ce silence et ce désert lacustre, que le bruit de ma voix ne retentît...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                     &amp;quot; Il est au village, pensais-je, mais comment a-t-il pu s'en aller sans moi ?&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Car d'être seul dans la nuit en ces lieux sauvages m'éprouvait moins que de penser à la trahison de Gatzo. Il avait brisé, en partant, l'amitié la plus belle de ma vie. J'en souffrais beaucoup. Car jamais je ne retrouverais un compagnon pareil; un compagnon plus fort, plus courageux, plus habile que moi. Et c'était mon premier ami.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Un obscur pressentiment me donnait sourdement à craindre qu'il ne revînt pas. Aussi, mû par le désespoir, je résolus de quitter ce mouillage triste, où j'étais si seul, pour aller à sa recherche. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je supposais qu'il se trouvait dans ce village dont j'avais aperçu quelques maisons, au coucher du soleil.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je me rappelais le sentier où j'avais vu trottiner l'âne. Il me paraissait facile de l'atteindre, en traversant les chênes. Je me dirigeai donc d'abord vers ce bois dont la lisière était illuminée par la pleine lune.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Elle m'aida beaucoup cette nuit-là : sa clarté éclaira ma route et sa grande douceur m'apaisa un peu, par enchantement. Car la lune enchante les âmes bien mieux que toute autre planète. Sa lumière est si près de nous !  On la sent attentive, affectueuse et, aux lunaisons de printemps, son amitié devient si tendre que toute la campagne s'attendrit. Alors il n'y a pas, pour les enfants qui s'éveillent la nuit, de plus charmante conseillère. Par la fenêtre ouverte elle écaire leur chambre et, quand ils se rendorment, elle fournit à leur sommeil les plus beaux songes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Et c'est l'un de ces songes que je fis, sans doute.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Certes, je n'étais pas endormi dans ma chambre; mais comment tout ce que j'ai fait, cette nuit-là, ce que j'ai vu, ce que j'ai cru entendre, eût-il pu se passer aussi facilement, si je ne l'avais pas rencontré dans un rêve ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Le bois de chênes tout entier baignait dans la clarté lunaire. A travers les feuillages noirs, elle descendait en colonnes bleuâtres. Les vieux arbres trempaient de toutes leurs branches dans ce bleu astral. Quand moi-même j'entrais, sortant de l'ombre, dans un de ces blocs de clarté, je devenais subitement n petit corps pétri de lumière et de lune.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je franchis le bois sans encombre, et aussitôt vint le sentier. Je ne le cherchai pas, il arriva lui-même, naturellement inondé de lune. Et il fut aussitôt si familier que je m'abandonnai à sa prévenante douceur. C'était  un beau sentier de nuit, un de ces sentiers qui vous accompagnent, avec lesquels on peut parler, et qui vous font, tout le long du chemin, un tas de petites confidences. On y marche sans crainte, avec légèreté. Comme ils ont conservé une grande innocence, ils ne sauraient vous fourvoyer. Sur eux, le temps ne compte plus et l'espace se fond amicalement dans le plaisir nocturne de la marche. On ne sait jamais d'où l'on vient ni où l'on va, quand on est parti, à quelle heure on arrive; et d'ailleurs arrive-t-on ?  Ces sentiers n'aboutissent pas, ou, si par hasard, ils vous quittent, c'est pour vous laisser doucement dans un pays plus merveilleux encore...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Je le sais bien, moi qui vous parle, puisque mon sentier m'y laissa.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                    Il semblait qu'on l'eût mis sur le flanc des collines uniquement pour me conduire dans le village le plus singulier du monde. Et encore était-ce du monde ?...   A peine pouvait-on le croire, tant tout y paraissait improbable, irréel; et plusieurs fois, au cours de cette nuit étrange, je crus dans ma tête naïve, que c'était là un lieu de féeries innocentes créé pour le plaisir des enfants rêveurs et fantasques, juste sur les confins du Paradis...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re++++++++Henri+Bosco++++Dix-neuvi%c3%a8me+partie&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1896.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1896.entry</guid><pubDate>Thu, 12 Jul 2007 03:36:44 GMT</pubDate><slash:comments>1</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!1896/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1896.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-12T03:36:44Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière   Henri Bosco Dix-huitième partie</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1759.entry</link><description>&lt;div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;  
&lt;p&gt;  
&lt;p&gt;                                       &lt;font color="#008000" size=4&gt;Le lendemain, la journée traîna en longueur. On flâna sans plaisir. Les jours précedents, tout nous occupait : un oiseau, une mouche, une grenouille, un papillon. Maintenant, sans raison, nous étions désoeuvrés. Gatzo se tenait à l'écart. Il me répondait à peine. De nouveau, il avait ce visage fermé que je n'aimais pas. Son air absent nous séparait. Je me sentais seul. Le coeur gros, je gardais le silence.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Vers la fin de l'après-midi, je n'y tins plus. La barque était alors mouillée sous la falaise. Je sautai à terre et partis en promenade...&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Sos les chênes il faisait très chaud, mais la lumière y était belle et de petits écureuils roux, nullement effrayés, m'observaient du haut de leur branche avec une extraordinaire attention.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Leur amitié me donna du plaisir et, insouciant comme on l'est à cet âge, j'oubliai mon chagrin en marchant dans le bois, où familièrement circulaient d'arbre en arbre des ramiers bleus et des loriots d'or aux ailes noires.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Plus haut, dans le feuillage, d'autres oiseaux chantaient. Comme le bois grimpait vers de hautes collines, je dominai bientôt une bonne étendue de ce pays. Alors je m'arrêtai et m'assis sur une pierre.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Vers le couchant, mais assez loin, la rivière reparaissait, toute luisante. Sur un grand bateau plat, deux petits hommes lentement pêchaient à l'epervier. A ma gauche, les chênes verts et de grandes pinèdes escaladaient les contreforts des premières collines. Le soir tombant, il se creusait, dans ces collines, des vallonnements bleus et des ravines mauves, cependant que les mamelons restaient ensoleillés.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Dépassant un épaulement, on apercevait un bout de village : cinq ou six maisons, une tour, un petit clocher. Derrière le clocher, trois ou quatre fumées montaient dans l'air. Là devait se cacher le plus gros de ce bourg. On voyait, à mi-côte des collines, le sentier qui y menait. La campagne était déserte; mais un âne marchait sur le sentier. Un âne tout seul, sans ânier. Il n'en suivait pas moins, exactement, le tracé de la sente. Il portait deux couffins; et avançait, à petits pas, d'un air parfaitement sensé, dans ma direction.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               &amp;quot; Ah !  me dis-je, soudain illuminé, c'est l'âne de Hyacinthe. Je vais le voir...&amp;quot;&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               J'attendis, le coeur battant. Mais l'âne tout à coup prit sur la droite et il disparut dans une pinède.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Presque aussitôt le soir commença à tomber. Je ne m'en aperçus pas tout d'abord.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Quand je revins à moi il faisait déjà assez sombre et je retournai en hâte au mouillage.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               La barque était toujours là, mais Gatzo avait disparu.&lt;/font&gt; 
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt;  
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt;  
&lt;p&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt;  
&lt;p&gt; &lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re+++Henri+Bosco+Dix-huiti%c3%a8me+partie&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1759.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1759.entry</guid><pubDate>Tue, 10 Jul 2007 00:05:12 GMT</pubDate><slash:comments>1</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!1759/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1759.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-10T00:05:12Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière   Henri Bosco    Dix-septième partie</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1698.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;                                  &lt;font color="#008000" size=4&gt;        Le lendemain, nous visitâmes l'île.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Un chemin moussu conduisait à la chapelle. On y accédait par un porche bas. La bise et les pluies de l'hiver avaient usé la façade de pierre tendre. Elle offrait un très vieux visage, roussi par les lichens et le long travail du soleil.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Au-dessus de la porte, on avait creusé une niche où se tenait une petite Vierge de plâtre colorié. Les couleurs en étaient parties. On devinait un peu de rose sur la robe. Une inscription en lettres bleues entourait cette modeste image. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Elle disait le nom de la chapelle, un beau nom :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Notre-Dame -des-Eaux-Dormantes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Le sanctuaire était pauvre et semblait abandonné. Sur l'autel, de bois peint, on voyait deux petits chandeliers de plomb. Une croix en roseaux se dressait sur le tabernacle. Contre les murs, badigeonnés de chaux, restait encore suspendue une guirlande desséchée de joncs et d'osier rouge. L'air sentait l'humidité.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Nous sortîmes de la chapelle, pour en faire le tour. Gatzo découvrit, par-derrière, deux tombes enfouies dans l'herbe haute où poussaient quelques fleurs de véronique.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Le cyprès enserraient étroitement la chapelle et les deux tombes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Les eaux baignaient les antiques racines de ces arbres, tant l'île était petite; et leurs formes sévères, en s'y reflétant, les assombrissaient.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Après l'île, nous explorâmes la falaise et le bois de chênes verts, mais sans oser pousser dans l'arrière-pays. La lande y finissait. Remontant une pente rocailleuse, des halliers de genêts, de cystes, de houx épineux, s'élevaient vers le dos mamelonné d'une colline où s'avançait une forêt de pins.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Pas une âme. Pas une maison. Dans le ciel, un épervier. Il planait, pur.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Je dis :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Ce pays est triste, Gatzo.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Gatzo me dit :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Tu as raison. Cà n'est pas un pays comme les autres. Il y a des âmes...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Etonné, je lui demandai :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Qui te l'a dit ? &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Il murmura :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Tu as bien entendu, come moi, cette nuit ? Cà remuait... Il en est venu une...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Je lui dis :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Cà c'est vrai, j'ai entendu. Et tu sais ce que c'est, une âme ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Non, Pascalet. Mais on peut voir. En se cachant... Cette nuit, elle reviendra probablement.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Mon coeur battait. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Gatzo continua :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Vers dix heures, la lune tombe. Il fait noir. Il y a un grand trou au pied de la falaise. On s'y embusquera.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  J'avais peur. Il le devina tout de suite :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Pascalet, me dit-il, il faut voir çà. On est des hommes.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Comme je me taisais, il ajouta :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - On ne navigue pas pour rien... Reste si tu veux... J'irais seul.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  J'avais honte; mais ma peur devenait si forte que je répondis à Gatzo :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Ce que tu fais est défendu; on est puni.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Il haussa les épaules; et jusqu'à la disparition de la lune, il se tut.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Alors, il se déshabilla, mit ses vêtements sur sa tête, glissa dans l'eau, nagea vers la falaise. Je le vis qui bougeait sur le rivage. Il se rhabillait sans doute.Puis il disparut.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  La barque reposait tout près de l'île. Du rivage, on ne pouvait pas l'apercevoir. L'ombre des arbres la couvrait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Je m'étais installé au banc de proue. De là je pouvais commodément surveiller le rivage.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Rien n'y bougeait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  L'attente fut longue, mais je n'avais pas envie de dormir. Je voulais, moi aussi, même de loin, voir quelque chose.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  L'âme se manifesta vers minuit.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Elle marcha le long du rivage, écarta un buisson et descendit sur la grève. Elle m'y apparut, comme une petite blancheur. Cette blancheur erra un moment, puis s'approcha de l'eau.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  C'est alors que je perdis la tête. Je détachai la barque du mouillage, et tout doucement à la perche, je la poussai. Elle m'obéit et se mit à glisser sur l'eau noire. &amp;quot; Il fait si nuit, pensai-je, que l'âme ne me verra pas. C'est impossible. Moi, si je l'aperçois c'est qu'elle est blanche...&amp;quot; Malgré cette blancheur, je n'arrivais pas à la distinguer. Avait-elle une forme ?  J'avançais cependant vers elle; mais, immobile sur la grève, elle n'était toujours qu'une tache dans l'ombre. Au milieu de cette même ombre, sans doute ne me voyait-elle pas lentement arriver. Soudain elle poussa un léger cri : je venais de surgir près du rivage.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Je l'entendis qui s'écriait : &amp;quot; O mon Dieu ! C'est une âme ! &amp;quot; Je fus très étonné d'être pris pour une âme; aussi retrouvant mon sang-froid, je demandai :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  - Et toi, comment t'appelles-tu ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  L'âme s'enfuit, mais Gatzo, bondissant hors de son trou, la saisit au vol.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  - Je la tiens, me dit-il. C'est une fille !  Cà par exemple !&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  La barque arrivait sur la grève. Je rejoignis Gatzo.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                  Il tenait la fille par les poignets. Elle ne se débattait pas. Elle paraissait de notre âge, mais on la voyait mal. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Que faisais-tu là ? Qui es-tu ? Où est ta maison ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Gatzo l'accablait de demandes. Elle se taisait, mais ne semblait pas avoir peur de nous.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - On ne te fera pas de mal, lui annonça Gatzo, d'un ton radouci.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Et il lui lâcha les poignets. Alors elle nous dit :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Je vous connais. C'est vous qui êtes arrivés sur le bras mort, il y a un peu plus d'une semaine. On vous cherche dans tous les villages...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Je fus glacé d'effroi. Mais Gatzo, calme, demanda :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Vrai ? On nous cherche ? Et qui ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Chez nous, à Pierrouré, c'est le garde champêtre...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Et comment il nous cherche, dis ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Il roule du tambour, le matin à onze heures, et il fait une annonce sur place. Après çà, il rentre chez lui. Cà dure depuis quatre jours... Tout le monde est au courant.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Alors nous pouvons dormir tranquilles. Toi, tu ne diras rien ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Moi, je ne dirai rien, répondit la fillette. Mais il y en a un autre qui vous cherche, aussi. Et celui-là est bien capable de vous trouver.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Cette fois Gatzo s'inquiéta :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Comment est-il ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Un grand sec, la peau noire. Il est venu par la rivière sur un vieux bout de barque.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Je pensai avec terreur :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - C'est Bargabot. Nous sommes pris ! &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   La fillette continua :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Il est là depuis hier soir. On l'a vu arriver en même temps que les pantins.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Quels pantins ? demanda Gatzo.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Sa voix tremblait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Le petit théâtre. Demain il va jouer sous l'orme. Il passe tous les ans. Il joue, la nuit, après le dîner. C'est toujours le même qui vient. L'an dernier les gens étaient deux. Cette année il n'y a qu'un vieux, tout seul...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Elle se tut. Gatzo, lui aussi, se taisait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Soudain elle dit :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Il faut que je rentre.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Nous la reconduisîmes jusqu'au bois. Elle nous précédait. Ses yeux perçaient la nuit aussi bien que ceux de Gatzo. A l'orée du bois, on se fit des adieux.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Sous les arbres l'obscurité était si noire que Gatzo s'étonna, lui-même, que la petite n'eût pas peur.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Pourquoi viens-tu, la nuit, au bord de l'eau ? demanda-t-il.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Comme elle se taisait, Gatzo l'interrogea encore, en insistant avec douceur. Il avait une voix si tendre qu'à la fin elle parla.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   ... Ses parents étaient morts. On l'avait recueillie toute petite. Elle servait chez de bonnes gens, grand-père Saturnin, grand-mère Saturnine. Eux, ils n' avaient qu'un petit-fils, Constantin, âgé de douze ans. Un beau jour, tous les trois étaient partis pour faire un long voyage. Ils l'avaient laissée seule à la maison, avec une vieille servante qui grondait toujours. On disait qu'ils vivaient très loin, dans un pays triste. Dieu seul savait pourquoi. Et là-bas, naturellement ils étaient, eux aussi, devenus tristes. Mais ils n'osaient plus retourner dans leur maison. Alors en cachette, la nuit, elle venait prier Notre-Dame-des Eaux de les ramener au village, où tout le monde les regrettait...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Cette histoire nous troubla beaucoup. La petite, en la racontant, se troubla elle-même. A la fin, elle pleurait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Gatzo, ému, lui demanda :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Comment t'appelles-tu, petite ?&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Elle répondit :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Hyacinthe.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Et continua à pleurer.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   A ce moment, on entendit un pas dans la forêt d epins. Un drôle de pas, un pas d'animal.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Effrayé, je dis :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - C'est la bête ! Le Racal !&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   La petite dit :&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Pas du tout. C'est mon âne. Il vient me chercher.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   On vit une ombre. La bête sortit des ténèbres.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   La petite l'appela : &amp;quot; Approche, Culotte, mon beau. Bien doucement. Il ne faut pas leur faire peur, cette fois-ci... &amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   L'âne vint. Il était dressé d'une merveilleuse manière. (Culotte était son nom.)&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - C'est l'âne enchanté du pays, nous dit Hyacinthe.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Peut-être riait-elle.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Tout à coup elle devint triste.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   - Demain, je ne reviendrai pas. Je veux voir le petit théâtre. Il jouera pour les enfants, sur la place du village. Il y a de la lune, toutes les nuits...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Gatzo et moi, nous nous taisions. &lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                                   Alors elle enfourcha son âne, et tous deux s'enfoncèrent dans le bois le plus naturellement du monde.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;img src="http://c.services.spaces.live.com/CollectionWebService/c.gif?cid=-4861864217337021992&amp;page=RSS%3a+L'enfant+et+la+rivi%c3%a8re+++Henri+Bosco++++Dix-septi%c3%a8me+partie&amp;referrer=" width="1px" height="1px" border="0" alt=""&gt;&lt;img style="position:absolute" alt="" width="0px" height="0px" src="http://c.live.com/c.gif?NC=31263&amp;amp;NA=1149&amp;amp;PI=73329&amp;amp;RF=&amp;amp;DI=3919&amp;amp;PS=85545&amp;amp;TP=eric-edouard1968.spaces.live.com&amp;amp;GT1=eric-edouard1968"&gt;</description><comments>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1698.entry#comment</comments><guid isPermaLink="true">http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1698.entry</guid><pubDate>Sun, 08 Jul 2007 01:58:51 GMT</pubDate><slash:comments>2</slash:comments><msn:type>blogentry</msn:type><live:type>blogentry</live:type><live:typelabel>Blog entry</live:typelabel><wfw:commentRss>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/blog/cns!BC873040EB71B9D8!1698/comments/feed.rss</wfw:commentRss><wfw:comment>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1698.entry#comment</wfw:comment><dcterms:modified>2007-07-08T01:58:51Z</dcterms:modified></item><item><title>L'enfant et la rivière Henri Bosco Seizième partie</title><link>http://eric-edouard1968.spaces.live.com/Blog/cns!BC873040EB71B9D8!1595.entry</link><description>&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;div&gt;                                      &lt;font color="#008000" size=4&gt;A dater de ce jour, l'inquiétude nous saisit. C'était un sentiment bizarre : nous commencions à craindre d'avoir vraiment peur. Car ce vacarme de la nuit, nous l'avions entendu, de nos propres oreilles. Il n'avait rien d'imaginaire. Un animal était venu troubler la paix de la retraite où nous pensions que, sauf le farouche Racal, nulle bête ne hantait.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                              Nous affirmions bien, il est vrai, que ce visiteur inconnu ne pouvait être qu'un Racal, mais finalement nous n'en savions rien. Et si ce n'était pas un Racal ?... Si c'était simplement une vraie bête ?...&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                              - Il vaut mieux changer de mouillage, Pascalet, conseilla Gatzo.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                              Vers le soir, on appareilla discrètement.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                              D'abord nous fîmes dans l'îlot une escale brève.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                              On y embarqua un fagot de bois sec et notre feu, qu'on déposa religieusement dans un pot de terre. Le pot fut placé sous un banc, dans le fond de la barque.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                              Après quoi, ayant salué notre ancienne demeure, nous quittâmes sa plage bien abritée.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                              On prit un canal. Peu à peu ses deux rives se rapprochèrent; il devint un de ces tunnels de feuillage mystérieux qui se perdaient à travers l'archipel des îles, parmi les saules et les calmes oseraies. Nous froissions, en passant, les cannes feuillues des roseaux, et ce frémissement troublait des nids cachés : pluviers et sarcelles sensibles, qui se plaignaient de nous, au ras de l'eau. A mesure qu'on avançait, le tunnel devenait sombre. Mais tout au bout luisait une tache de clarté. Nous gouvernions avec lenteur. On se taisait. Les feuilles quelquefois nous frôlaient le visage et des insectes irascibles s'en échappaient en tourbillons tout autour de nos joues. Enfin, on déboucha sur un autre plan d'eau, entièrement fermé par des murailles de roseaux et d'arbres.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;&lt;/font&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               Ce petit lac dormait. La lumière du soir illuminait à peine l'étendue de ses eaux désertes. De larges peupliers l'enveloppaient. Serrés étroitement l'un contre l'autre, leur feuillage dressait, à contre-jour, une haie sombre. Les uns s'élevaient presque au ras de l'eau sur de faibles lagunes. D'autres barraient l'horizon tendre où une clarté cristalline éclairait encore le ciel. Le rivage était rocheux. Du haut de sa falaise un bois épais de chênes verts descendu des collines assombrissait les eaux. Ces eaux, partout pures et planes, n'émettaient plus qu'une lueur. Au milieu du lac reposait une île.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#008000" size=4&gt;                               On y voyait une petite chapelle. Toute l'île était plantée de grands cyprès. Ils semblaient très vieux. La barque, encore sur son erre, glissait sans rider l'eau; et l'île s'avançait vers nous, calme, fantomale. C'était, au jour tombant, une forme irréelle, la demeure improbable du silence. Car il n'en venait pas un bruit. Sur toute l'étendue lacustre, les plantes, les arbres, les eaux, merveilleusement se taisaient.&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&lt;font color="#0